Jour 48 – Cusco et le Monde

sdc13687

Un bruit de spray. Je me retourne mais il est déjà trop tard. Une mousse blanche recouvre mon sac à dos. Eugenia a eu moins de chance si l’on en juge par sa joue gauche recouverte de la même mousse. Contrairement à la France, le Carnaval est fêté dans toute l’Amérique Latine. Celui de Pisac, à 45 minutes de Cusco, est relativement connu pour ses danses traditionnelles. Alors que certaines villes le fêtent plus que d’autres, il est une choses qui ne change pas : le Carnaval est le jour des enfants. Ils prennent donc un malin plaisir à vous mouiller et vous asperger de mousse.

sdc13697

Cusco est une ville agréable, touristique, colonialement jolie et jeune. Mais son attrait principal est évidemment sa proximité avec le site le plus visité d’Amérique du Sud, j’ai nommé le Machu Picchu. Loki est une chaîne d’hôtels destinés aux backpackers et cela se voit : tout le monde parle anglais, internet gratuit, bar-restaurant à disposition, dortoires confortables et propres. C’est simple, Loki est l’HÔTEL de Cusco. Pour preuve, j’y ai retrouvé une dizaine de personnes rencontrées précédemment au Pérou et en Equateur. J’ai également croisé plusieurs connaissances au Machu Picchu.

sdc13707

Mon « voyage » de deux jours au Machu Picchu compte parmi les expériences fortes de ce voyage. Le billet de train Cusco – Aguas Calientes aller-retour coûtant plus de 100 dollards, j’ai décidé de prendre le chemin alternatif. Après six heure de bus jusqu’à Santa Maria, nous prenons un combi jusqu’à un barrage hydro-électrique. De là, s’en suivent 2h30 de marche de nuit et sous la pluie, à suivre le chemin de fer. C’est donc trempés mais ravis que nous arrivons à Aguas Calientes, la « ville du Machu Picchu », située à 20 minutes en bus du site inca. Je tiens à rassurer les vieux : ce n’était pas dangeureux. Enfin, presque pas.

sdc13708

Même sous un brouillard épais, une légère pluie et des hordes de touristes, le Machu Picchu reste un endroit particulier, presque magique. Malgré la courte et unique apparition du soleil (30 minutes), la matinée au Machu Picchu fût un grand moment, même si les photos ne le montrent pas vraiment. Le retour à Cusco fût plus tranquille et rapide que l’aller : deux heures de train et deux heures de bus furent suffisantes pour retourner à Cusco.

sdc13716

sdc13724

sdc13731

sdc13734

sdc13745

sdc13772

sdc13795

sdc13806

sdc13812

sdc13830

dsc00358

dsc00367

dsc00377

dsc00379

dsc00414

dsc00415

dsc00438


Jour 43 – Colca Cañon

sdc13653

Il pleut. L’herbe est glissante. Je suis trempé. Je cours et fais une passe à Shane qui me relance le ballon en pleine course. Le une-deux est passé. Je dévie le ballon qui passe entre les deux pierres sans que le goal ne l’atteigne. J’ai perdu un poumon mais ça fait 4-0. Mais je suis allé trop vite. Revenons donc en arrière de deux jours, à Arequipa pour être plus précis.

sdc13656

Deuxième ville du Pérou, Arequipa est également la plus chère. Après avoir parlé politique en espagnol avec des allemands et visité le monastère Santa Catalina, je me couche fatigué, pensant déjà au lever prévu pour 3h15… C’est donc la bouche pâteuse et les yeux à peine réveillés que je m’assoie dans le bus. Il est 4h00. « Salut », « Salut », « Cedric », « Shane », « Je crois que je vais dormir », « Pas mieux ». Ce sont deux heures plus tard que j’ouvre les yeux sur un paysage de hauts plateaux, tantôt marécageux tantôt rocailleux. Quelques lamas lèvent la tête pour voir notre bus passer; ou l’inverse.

dsc00257

Le trek fût plaisant et le groupe sympathique. Malheureusement, la flemme et la pluie font que les seules photos potables ne sont pas des paysages mais des gens. Ce petit périple de trois jours se termine en  chaleur dans les eaux thermales de Chivay.

dsc00258

dsc00261

dsc00274

dsc00314

dsc00322

dsc00324

dsc00330

dsc00333

dsc00334

dsc00340

dsc00343

dsc00349

dsc00350

dsc00351

dsc00356


Jour 39 – Sand is Fun

dsc00229

Lonely Planet décrit Huacachina comme un lieu de villégiature pour l’élite péruvienne mais également comme un paradis festif pour backpackers. Vu les prix pratiqués, le nombre d’étrangers et la boîte de nuit dans l`hôtel, je ne dirai pas le contraire.

dsc00230

C’est donc après pratiquement deux jours de voyage en bus que j’arrive le dos plus que mouillé à Casa de Arena. Mon premier réflexe est donc de plonger dans la piscine. La journée se termine tranquillement après avoir englouti une assiette trop copieuse de pâtes Huacachina, un verre de vin de la région et quelques verres de Pisco.

dsc00233

Malgré un genou écorché et des yeux ensablés, c’est avec une joie intense et une fatigue toute aussi grande que nous retournons à l’hôtel. Ces deux heures de buggy et de sandboard dans les dunes péruviennes sont à jamais gravées dans ma petite tête. Evidemment, je n’avais plus de batterie donc les photos de cet après-midi restent à récupérer auprès de mes collègues de buggy. Après deux jours de farniente, il est temps de partir pour Arequipa et son Colca Cañon.

dsc00242

dsc00240

dsc00253

dsc00248

sdc13632


Jour 36 – Last Days

sdc13566

« Ca ne fait que descendre » nous avait-elle prévenu lors de la location des VTT. Mon cul ouais. Lorsque tu n’as pas fait de sport depuis un moment, tout te paraît monter et les 22 km qui séparent Baños d’Agua Verde ne furent pas des plus faciles. Sur le coup ça allait, mais au bout d’une heure et demie, les jambes étaient dans le coton. Bonne excuse pour s’arrêter et boire un jus de Babako au bord du Pailon del Diablo. Je dois avouer que le canelazo de la veille et la séance d’eau thermale du matin ne m’ont pas mis dans les meilleures condition pour une heure de vélo.

sdc13574

Cuenca est une jolie ville coloniale mais le temps gris et le peu de personnes rencontrées me poussent vers le Pérou. C’est décidé, je pars demain pour Huacachina. Allez, plus que 35h de bus…

sdc13591

sdc13594

sdc13595

sdc13597

sdc13610

sdc13613


Jour 32 – Condor Matzi

sdc13562

Assis dans le hall de l’hostal, les yeux à demi-clos et encore embrumés, j’attends Natascha, Marielle, Clara et Jens. Je frissone un peu, plus du fait de l’heure matinale que de la température plutôt fraiche. Il est 6:00 et le marché de Zumbahua est déjà en ébullition depuis plus d’une heure. Nous nous dirigeons directement vers le marché aux animaux, situé en contre-bas du marché principal. On y vend et y échange moutons, cochons et lamas dans un joyeux bordel. Quelques chèvres se promènent par là. Nous sommes les seuls blancs dans tous le village. Après avoir fait quelques courses pour le repas du soir auquel je ne pensais pas assister, nous montons à l’arrière d’un pick-up. Trente minutes de cris stupides et joie infantile plus tard, nous arrivons à Laguna Quilotoa.

dsc00040

Lorsque nous entamâmes la marche, nous étions loin de nous attendre à ce que nous allions voir. En effet, le début du chemin m’était familier : rocaille et végétation plûtot basse. Etant très mauvais en botanique, je peux seulement dire que cela ressemblait à la période estivale dans les Alpes du Sud. Le plus intéressant arriva trois heures plus tard lorsque nous nous retrouvâmes en pein désert. Nous ne nous étions pas encore remis de ce fabuleux choc lorsque cinquante mètres plus loin, nous entrions dans une fôret de sapins. Une heure plus tard, un brouillard épais et mystique changea une nouvelle fois le paysage. C’était presque trop. Et c’est avec un sourire fatigué et béa que nous terminâmes cette petite marche de six heures.

dsc00043

Vivre le présent est beaucoup plus difficile qu’on ne le pense. On a tous en nous les traces du passé et tout le monde pense à son future plus ou moins proche. Ce week-end fut pour moi un moment présent. Je n’en attendais rien. J’ai pris les choses comme elles sont venues, sans penser un instant à ce que j’allais faire dans l’heure qui suivait. Evidemment, cela est impossible dans d’autres circonstances mais, comme diraient certains, c’est putain de bon. Comme le week-end fut parfait, la fin ne pouvait en être autrement : nous ne retournâmes pas à la civilisation en bus comme c’était prévu, mais dans le van d’un sympathique équatorien servant de guide pour des excursions à vélo.

dsc00050

Pendant le week-end, on m’a posé la question suivante : « Quelle est la chose dont tu as le plus envie, à cet instant précis ? ». Je fermai les yeux puis les ouvris lentement : « Rester un peu plus longtemps ici ».

dsc00053

dsc00064

dsc00071

dsc00094

dsc00103

dsc00121

dsc00128

dsc00131

dsc00139

dsc00156

dsc00195

dsc00197

dsc00198

dsc00200

dsc00204

dsc00206

dsc00210

sdc13558


Jour 28 – I Will Survive

sdc13377

Du vert à perte de vue. Ces 4 jours de voyage dans la réserve de Cuyabeno s’achèvent sur un paysage magnifique. Le bus pour Quito file à toute allure sur une petite route de montagne dangeureusemeent sinueuse. La nature est omniprésente. Une ligne marron foncé cisaille ce paysage chlorophylle. Par moments, cette ligne s’approche de la route et l’on distingue alors un pipeline qui s’étire sur plusieurs centaines de kilomètres. Le pétrole est en effet la richesse la plus lucrative d’Equateur. Le paysage vire au jaune puis à l’orange avec le coucher du soleil. C’est en douceur que je m’endors, avec des anacondas, des dauphins et des araignées plein la tête.

sdc13386

C’est en fanfare que commence mon voyage dans la jungle : arrivée au lodge à 15h30 après 2h de pirogue. A 16h30, je plonge dans la lagune. Je ne saurai que le lendemain que la rivière est infestée de pirahnias. A 17h30,  un anaconda de 5 m dort tranquillement dans un arbre. Il est 19h, le coucher du soleil se reflète sur l’eau du fleuve et les arbres se dessinent en ombres chinoises. Sur le chemin du retour, moustiques et caïmans nous saluent au passage. Après un bon repas et une bonne digestion à base de hammac, je me couche sous ma moustiquaire, sans oublier de dire bonne nuit aux trois mygales accrochées aux poutres internes du bungalow.

sdc13389

« Cedric, don’t wake up. It’s raining too much ». Après m’avoir gentillement crié de ne pas me réveiller à 5h30, Miguel notre guide retourne se coucher et je me rendors. 8h30, comme d’habitude, le petit déjeuner est ultra-copieux mais fortement apprécié, compte tenu de la grosse journée à venir. En effet, les événements s’enchaînent sans interruption. Tout commença par une ballade en fôret pleine de surprises comme l’épisode du pivert qui nous a suivi (et picorer) pendant une bonne heure. S’en suivit une végétation aux formes pratiques, bizarres et perverses. Une fois sortis de la jungle, un minuscule canöe nous attendait. Nous questionâmes plusieurs fois notre guide pour savoir combien de temps il restait jusqu’au campement et sa réponse était toujours la même : 10 minutes. 1h30 plus tard, les muscles fatigués et un joli coup de soleil, nous arrivons transpirés au lodge. Après s’être lavés dans le fleuve et avoir rechargés nos batteries, nous partons de nouveau avec notre petit canöe et nos pagaies pêcher du pirahnia. Après avoir attrapé un petit pirahnia, un deuxième encore plus petit et un poisson chat, nous décidons de rentrer au campement. Sur le chemin de retour nous observons caïmans et dauphins roses. La soirée se termine par une séance de tatouages grâce à un fruit cueilli dans la journée. C’est mon dernier jour dans la jungle. Certes l’expérience fut géniale et les moments inoubliables, l’eau chaude commençait à me manquer.

sdc13403

sdc13417

sdc13429

sdc13445

sdc13460

sdc13468

sdc13470

sdc13474

sdc13477

sdc13480

sdc13487

sdc13489

sdc13495

sdc13502

sdc13513

sdc135161

sdc13519

sdc13520


Jour 24 – Quito mouille

sdc13344

15h05, arrivée à l’aéroport de Quito. Il pleut. On m’apprendra plus tard que c’est quotidien et que j’ai de la chance car c’est actuellement la saison sèche. Ca promet.

sdc13347

Secret Garden est une ancienne maison transformée en hôtel par un australien et une équatorienne. Située dans la vieille ville, cette bâtisse de 5 étages est le paradis des backpackers : propre et roots à la fois, les 5 étages colorés aboutissent sur une terrasse à la vue imbattable sur la ville. Le soir, le dîner est servi à la lumière des bougies et l’endroit devient alors magique. Je me sentais si bien que j’en ai oublié de prendre des photos. Les deux seules petits reproches que l’on peut faire à ce jardin secret concernent son prix assez élevé (oui, 15$ c’est  beaucoup pour un voyageur) et la langue officielle de l’hôtel. En effet, l’anglais est omniprésent et même le staff ne parle que difficilement l’espagnol. A proscrire pour ceux voulant apprendre à lire Cervantes en version originale.

sdc13357

Un pied à droite de la ligne et l’autre à gauche. Ca y est, la photo obligatoire à éte prise à la « Mitad del Mundo », autrement dit sur l’équateur. Comme Lonely Planet et d’autres personnes me l’ont conseillé, je me suis directement dirigé vers le Museo Solar Inti Ñan, en dehors du complexe de Mitad del Mundo. Et je ne l’ai pas regretté. Un guide pour moi tout seul et de nombreuses explications et expériences très intéressantes étaient au programme. Je monte satisfait dans le bus de retour à la capitale. 1h30 plus tard, me revoilà à Quito, prêt pour une visite de la ville; sous la pluie, évidemment.

sdc13362

Après 2h de marche sous la pluie, je décide de rentrer dans un café pour me sécher. J’en profite pour grignoter un bout. J’aime quand il est précisé « Ecuadorian speciality ». Ca accélère mon choix. Une empanada de verde, une ampanada de morocho, un humitas et un jus de guanabana avalés, mon estomac me remercie ainsi que mon portefeuille pour les 3,50$ dépensés. J’étais sur le point de partir lorsque quatre musiciens rentrent dans le café et commencent à jouer des musiques typiques équatoriennes, chaudes et vivantes.  Dehors il pleut toujours. Ce n’est pas grave, je me sens bien. Et forcément, lorsque l’on se sent bien, on oublie les choses. C’est donc en courant que je regagne l’hôtel Secret Garden où mon guide m’attend pour un voyage de 4 jours dans la Rainforest.

sdc13371